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Ramasser des glands : un geste écologique, parfois rémunéré

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Ramasser des glands peut sembler anodin, mais cette activité cache bien des surprises ! Que vous souhaitiez participer à la préservation des forêts, découvrir une source de revenus originale ou explorer de nouvelles saveurs en cuisine, la récolte de ces fruits du chêne mérite toute votre attention.

Voici ce que vous allez découvrir :

  • Les raisons écologiques qui motivent cette collecte organisée
  • Les périodes et techniques pour une récolte réussie
  • Les opportunités de rémunération proposées par l’ONF
  • Les utilisations surprenantes des glands dans votre quotidien

Pourquoi ramasse-t-on les glands ?

Le ramassage des glands s’inscrit dans une démarche de régénération forestière naturelle menée par l’Office national des forêts depuis des décennies. Cette pratique répond à des enjeux environnementaux majeurs.

Les forêts françaises font face à de nombreux défis : tempêtes destructrices, sécheresses prolongées, maladies touchant certaines essences. Pour anticiper ces problèmes, l’ONF mise sur la diversification des espèces et la préparation de l’avenir forestier. Les chênes sessiles, particulièrement résistants à la sécheresse, constituent un atout précieux dans cette stratégie d’adaptation au changement climatique.

Chaque gland récolté aujourd’hui donnera naissance à un plant qui sera replanté dans 2 à 3 ans dans les forêts publiques. Cette méthode naturelle permet d’obtenir des arbres parfaitement adaptés aux conditions locales, contrairement aux plants issus de graines importées. La sélection se fait dans des zones très spécifiques : seules les forêts domaniales abritant des chênes d’exception, validés par l’INRAE, peuvent fournir ces précieuses semences.

Quand et comment les récolter ?

La période de récolte s’étend de fin septembre à début novembre, parfois jusqu’à la Toussaint selon les régions et les conditions météorologiques. Cette fenêtre temporelle correspond au moment où les glands arrivent à maturité et tombent naturellement des branches.

La règle d’or : ne ramassez que les glands tombés au sol. Cette chute naturelle garantit leur maturité optimale. Les fruits encore accrochés aux branches ne sont pas prêts et donneront de moins bons résultats en pépinière.

Examinez attentivement chaque gland avant de le glisser dans votre sac. Évitez absolument ceux qui présentent des petits trous, signes d’une attaque d’insectes ou de vers. Privilégiez les spécimens bien formés, sans fissures, avec leur cupule (le petit chapeau) encore bien attachée.

La rapidité d’action s’avère cruciale. Une fois au sol, les glands peuvent germer très rapidement si les conditions de température et d’humidité s’y prêtent. D’autres risquent d’éclater sous l’effet de la chaleur ou de pourrir s’ils restent trop longtemps exposés aux intempéries. L’idéal consiste à organiser la récolte dans les 48 heures suivant une chute massive, souvent provoquée par des vents forts ou des orages.

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Qui participe et comment être rémunéré ?

L’ONF fait appel à différents types d’intervenants pour cette mission de récolte. Les techniciens forestiers constituent le noyau dur de l’opération, mais l’Office s’appuie également sur des partenaires externes pour augmenter les capacités de collecte.

Les associations à but non lucratif représentent une part importante des récolteurs. Pour participer, elles doivent remplir plusieurs conditions : posséder un numéro SIRET ou être enregistrées au répertoire national des associations, et démontrer leur capacité à mobiliser une dizaine de bénévoles minimum. Les entreprises spécialisées dans l’environnement peuvent également candidater, ainsi que des établissements de formation comme les BTS forestiers des Maisons Familiales Rurales.

La sélection des participants se fait en amont de la saison de récolte. L’ONF évalue les candidatures selon des critères de sérieux, d’expérience et de disponibilité. Les zones de récolte restent limitées : principalement la forêt domaniale de Bellême dans l’Orne (seule forêt du Perche concernée) et les forêts de Blois, Boulogne et Russy en Loir-et-Cher.

La rémunération s’établit à 2,65 € par litre de glands récoltés en 2024. Une personne expérimentée et motivée peut ramasser entre 50 et 60 litres par jour, soit un potentiel de revenus quotidiens non négligeable. Les glands sont conditionnés dans des sacs standardisés de 30 litres pour faciliter le comptage et le transport.

Le paiement s’effectue généralement au niveau de la structure (association ou entreprise) qui reverse ensuite aux participants selon ses propres modalités.

Comment utiliser les glands chez soi ?

Une fois votre récolte terminée, plusieurs options s’offrent à vous pour valoriser ces fruits souvent méconnus du grand public.

Conservation et préparation

Pour une conservation optimale, laissez d’abord sécher vos glands quelques jours dans une cagette ou un sac en toile, à l’abri de l’humidité. Attention à ne pas prolonger trop longtemps cette exposition à l’air libre, car les moisissures apparaissent rapidement.

Pour une conservation longue durée, mélangez vos glands à du sable fin ou des feuilles mortes, puis placez le tout dans le bas de votre réfrigérateur. Cette méthode permet de les garder plusieurs mois en préservant leur fraîcheur.

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Préparation culinaire

Les glands contiennent des tanins qui leur donnent un goût amer et peuvent s’avérer toxiques en grande quantité. La lixiviation (élimination des tanins) constitue donc une étape obligatoire avant toute consommation.

Voici la méthode éprouvée : entaillez la coque extérieure, puis faites bouillir les glands 15 minutes. Retirez les deux couches de peau (la coque dure et la fine pellicule brune). Concassez ensuite les fruits et faites-les recuire 15 minutes dans une eau fraîche. Répétez l’opération jusqu’à obtenir une eau de cuisson parfaitement claire. Une astuce de grand-mère : ajoutez un peu d’argile dans l’eau de cuisson, elle capte plus efficacement les tanins.

Utilisations gourmandes

La farine de glands s’obtient en séchant les fruits traités au four doux, puis en les broyant finement. Cette farine au goût rappelant la châtaigne ou la noisette peut remplacer partiellement la farine de blé dans vos préparations de pain ou de pâtisseries.

Le café de glands constitue une boisson sans caféine aux vertus digestives. Torréfiez simplement les glands traités jusqu’à obtenir une couleur brune, puis broyez-les comme du café traditionnel. Cette préparation aide à soulager les brûlures d’estomac, la diarrhée et les problèmes d’incontinence.

Pour les amateurs de cuisine du monde, tentez la gelée coréenne (dotorimuk), spécialité asiatique à base de farine de glands, ou laissez-vous tenter par des créations maison : pâté de glands aux aromates (purée de glands, poireaux, oignons, ail, huile d’olive, sel, baies de genièvre, cuit au four) ou gâteau gourmand (purée de glands, yaourt, crème, miel, fruits secs, œufs, lait, épices diverses).

Ramasser des glands révèle ainsi de multiples facettes : geste citoyen pour l’environnement, opportunité économique originale et redécouverte de saveurs ancestrales. Cette activité simple et accessible mérite sa place dans vos projets d’automne !

Depuis toute petite, j’ai toujours eu un faible pour les espaces bien aménagés et les objets qui racontent une histoire. Que ce soit en réarrangeant ma chambre ou en aidant à planter des fleurs dans le jardin familial, j’ai vite compris que décoration et nature allaient devenir mes passions. Aujourd’hui, sur Deco-et-Bricole.fr, je partage mes idées et mes astuces pour vous aider à créer des espaces uniques et pleins de vie, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

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